Welcome vs. Gran Torino

Il y a le film de Clint Eastwood

et celui de Philippe Lioret [mentionné en avant-première ici, le 3 février]

Qqe rapport qui soit?

Je pense:

les deux films traitent de l’immigration – à leur façon

ils traitent de ce problème sous le biais de l’amitié: amitié entre Clint Eastwood et la jeune fille Mong

et Vincent Lindon et le jeune Kurde.

Enfin, il y a un parti pris d’humanisme dans les deux films – à mon avis. Et, dans les deux cas, ça se termine mal.

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dans le blog de Matthieu Tuffreau:

16 mars 2009

Gran Torino - Clint Eastwood et Ahney Her

Le cinéma indépendant, notamment américain, s’intéresse beaucoup depuis quelque temps à la question des immigrés, avec de beaux films comme Frozen River, The visitor ou Eden à l’ouest de Costa-Gavras, mais un nouveau pas a été franchi avec deux films à gros budget actuellement sur les écrans : Gran Torino de Clint Eastwood et Welcome de Philippe Lioret.

Les deux films partagent de nombreux points communs. Réalisés de manière classique, à l’encontre des tics du cinéma contemporain, ils privilégient une narration linéaire autour de laquelle gravitent deux ou trois personnages principaux, dans une lumière crépusculaire qui rappelle la peinture d’Ed Hopper, que ce soit pour Tom Stern, le fidèle chef-opérateur de Clint Eastwood (Mystic River, Million dollar Baby), ou Laurent Dailland, directeur de la photographie du magnifique Est/Ouest de Régis Wargnier, qui comportait comme Welcome une scène d’évasion en pleine mer, mais à l’époque d’un autre mur.

Gran Torino et Welcome s’accordent aussi par leur problématique commune, un vieil américain raciste et désabusé (Clint Eastwood) qui adopte un jeune Hmong victime d’un gang dans le premier, un Français d’âge mûr (Vincent Lindon), individualiste et lâche, qui apprend à nager à un jeune Kurde désireux de se rendre en Angleterre dans le second.

Welcome - Vincent Lindon et Firat Ayverdi

Alors bien sûr, et c’est là où nous voulons en venir, et que nous demanderons aux lecteurs qui n’ont pas vu ces films de changer de site ou d’assumer ce qu’ils vont lire, les deux films ne finissent pas du tout de la même manière. Dans Gran Torino, Clint Eastwood retourne complètement son image de vengeur en se faisant tuer pour faire arrêter les membres du gang qui terrorisent ses voisins. Le message est clair : la vieille Amérique doit laisser de la place aux nouveaux immigrants. Dans Welcome, le jeune Kurde ne parvient pas à rejoindre les côtes anglaises, mais le courage de Simon a changé le regard de son ex-femme qui entamait une procédure de divorce.

Lors de l’avant-première de Welcome le 10 mars à l’UGC Ciné Cité des Halles (la 77e à laquelle participaient le cinéaste et son comédien principal depuis trois mois), Philippe Lioret a expliqué qu’il avait commencé à écrire l’histoire avec le romancier Olivier Adam et son co-scénariste Emmanuel Courcol. Olivier Adam, qui s’était beaucoup intéressé à la question des immigrants coincés à la frontière Manche, a consacré une autre oeuvre à ce sujet, le scénario de Maman est folle, un téléfilm de Jean-Pierre Améris avec Isabelle Carré.

Maman est folle racontait comme Welcome l’histoire d’un couple de classes moyennes bouleversé par l’intrusion d’un immigré clandestin, mais dans le film d’Ameris c’est la mort de l’immigré qui permet au couple de se reformer (le mari du personnage interprété par Isabelle Carré est défavorable à ce qu’elle aide un immigrant qui est écrasé au cours d’un contrôle de police). En un sens, la mort de l’immigré favorisait le happy-ending en ramenant la mère à la raison (comme le titre l’indique, son environnement pense qu’elle aide les immigrés parce qu’elle est folle) et à ses enfants, pour finir le film sur une image d’Epinal redoutable en ce qu’elle contredisait tout ce que le film racontait.

En revanche, dans Welcome c’est le courage de Simon, mis en examen pour héberger le jeune Kurde en situation irrégulière, qui change le regard de son ex-femme (Audrey Dana), une bénévole qui aide les clandestins, sur lui. Et Vincent Lindon de porter, à la fin du film, le visage de la France contemporaine, qui a adhéré mollement au discours en vogue de peur de l’autre depuis la fin des années 90, avant de se demander s’il ne serait pas temps de changer de méthode pour accueillir ses immigrés.


http://cinemadanslalune.blog.lemonde.fr/2009/03/16/

gran-torinowelcome-lavenir-de-deux-pays-dimmigres/

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